Fosse toutes eaux

La fosse toutes eaux est un système d’assainissement dit « passif ». Mais contrairement à la fosse septique, la fosse toutes eaux collecte l’ensemble des eaux usées ménagères : eaux grises et eaux-vannes.

Comment fonctionne une fosse toutes eaux ?

On observe quatre étapes dans le fonctionnement d’une fosse toutes eaux :

La première étape

On l’appelle le prétraitement : il consiste à éliminer les particules, les matières solides et les graisses, des eaux usées collectées. Pour cela elles passent dans un bac à graisse et dans la fosse au sein de laquelle les solides les plus lourds se déposent au fond sous forme de boues.

La seconde étape

A l’intérieur de la fosse, l’activité des bactéries anaérobies présentent dans les eaux usées, digèrent les matières organiques.

La troisième étape

Elle consiste en une filtration des éléments solides encore en suspension dans l’eau au travers un dispositif de filtres afin que ces éléments solides n’atteignent pas le champ d’épandage. Ces filtres sont composés de pouzzolane (pierres de lave) ou d’une cassette en polyéthylène.

La quatrième étape

On l’appelle le traitement : c’est l’élimination de la pollution restante dans les eaux clarifiées évacuées, par l’action des micro-organismes contenus dans le sol ou dans un lit filtrant qu’on appelle le champ d’épandage.

L’évacuation des eaux traitées en pratique

Les eaux usées clarifiées dans la fosse toutes eaux peuvent être :

Dispersées dans le sous-sol en place, au niveau de la parcelle, si la perméabilité du terrain est comprise entre 10 et 500 mm/h.

Réutilisées pour l’irrigation souterraine des végétaux non destinés à la consommation humaine, sous réserve d’absence de stagnation en surface ou de ruissellement des eaux traitées.

Evacuées par puits d’infiltration, autorisé par certaines communes, par l’intermédiaire du SPANC (Service Public d’Assainissement Non Collectif), sur la base d’une étude hydrogéologique.

Dispersées dans le sous-sol par un dispositif agréé, tels que, les tranchées d’épandages, les filtres à sable horizontaux ou verticaux, drainés ou non drainés, les filtres à coco, les filtres plantés, le lagunage micro-filtrant, la plantation de bambou d’assainissement.

Les matériaux utilisés pour les fosses toutes eaux

Les fosses toutes eaux se présentent sous formes de cuves en béton préconstruites, dans la forme traditionnelle, ou de cuves en plastique (PEHD).

Les fosses en béton précontraint ont l’avantage d’être d’un coût raisonnable et plus économique que les cuves en plastique. Elles ont l’inconvénient d’être plus complexe à installer, car plus lourdes à manier, elles nécessitent un engin de levage.

Les fosses en plastique sont moins lourdes, renforcées par de la fibre de verre, elles sont plus manœuvrables, mais elles sont aussi plus coûteuses.

Dans les deux cas, une trappe de visite accessible, permet de les contrôler et surtout, de les vidanger tous les trois ou quatre ans, comme recommandé.

La contenance varie selon le nombre de pièces du logement. Aussi un seuil minimal de 3m3 pour 5 pièces principales est préconisé, et 1m3 par pièce supplémentaire. Dans tous les cas, la cuve doit faire obligatoirement un minimum de 1,50 mètre de hauteur.

Remarque

Une fosse septique existante peut très bien être transformée en fosse toutes eaux, à la condition de raccorder les canalisations des eaux grises (cuisine et salles de bain) à un filtre à graisse d’un minimum de 500 litres, en amont du raccordement à la fosse. Les toilettes se déversent toujours directement dans la fosse.

Conclusion

La fosse toutes eaux est aujourd’hui, de par la législation de 2009, le seul dispositif passif agréé pour le traitement de l’assainissement individuel non raccordé au réseau collectif.