La technique du lagunage

Alors que tous les constructeurs assurent que les eaux traitées en sortie d’une micro station peuvent être directement infiltrées dans le sol ou rejetées dans le milieu naturel. Alors que les autorités françaises ont validé ces normes de rejets, vous pouvez être sensible à l’écologie et au développement durable. Pour aller plus loin dans l’épuration des eaux rejetées en sortie de votre micro station, vous pouvez installer la technique du lagunage, avec ou sans plantes épuratrices.

La technique du lagunage

La technique du lagunage est un traitement naturel des eaux basée sur la déseutrophisation, une dépollution d’un milieu aquatique ayant un apport excessif de substances nutritives, azote, phosphates et nitrates dans ses eaux. Il s’inspire des systèmes naturels d’épuration et filtration par des micro-organismes, des algues ou des plantes aquatiques, comme les étangs ou les marrais.

Le principe primordial dans un système de lagunage est d’établir un écoulement lent par gravité dans plusieurs bassins de rétention peu profonds (minimum deux), généralement rectangulaires, en éliminant le risque d’infiltration dans les eaux souterraines.

L’eau usée en sortie de la micro station d’épuration contient encore quelques impuretés et polluants et en arrivant dans le premier bassin, ils vont se déposer et se dégrader par les micro-organismes de la lagune. L’eau va ensuite transiter dans des bassins moins profonds, avec des plantes macrophytes (iris, joncs, roseaux) qui vont absorber dans leurs racines les derniers polluants.

Les avantages de la phytoépuration

Excellente élimination de la pollution microbiologique.

Faibles coûts d’investissement et de fonctionnement.

Faciles à construire, ils ne nécessitent que de faibles excavations avec un revêtement étanche sur le fond du bassin.

Derrière une micro station d’épuration, c’est l’assurance d’une eau totalement inerte pour l’environnement.

Les lagunes sont capables d’absorber de soudaines variations de charges hydrauliques.

Très bonne intégration dans le paysage.

Valorisation possible des déchets et de la biomasse produite dans le milieu agricole.

Contribue à la valorisation de la flore locale.

Participe à la protection de la faune et de la biodiversité (les oiseaux viennent nicher dans les roseaux et qui se nourrissent des graines).

Les inconvénients de la phytoépuration

C’est une technique qui nécessite une surface importante (à déconseiller dans les petits jardins).

Il y a une variation saisonnière de la qualité des rejets, le lagunage étant très dépendant des conditions climatiques, notamment des températures.

C’est une technique qui n’apprécie pas les pollutions ponctuelles et surtout pas les pollutions chimiques (il faut être rigoureux dans l’exploitation de sa micro station d’épuration.

En cas de mauvais fonctionnement, il y a un risque d’odeurs nauséabondes.

Il y a nécessité de faire un entretien régulier des bassins et un entretien annuel des plantes. Il faut notamment faucarder les joncs chaque automne.

Il faut prévoir aussi tous les 5 à 10 ans, l’élimination des boues accumulées dans le fond des lagunes : un curage des sédiments pouvant être épandus au niveau agricole.

C’est une technique qui fonctionne d’autant mieux que le nombre d’équivalents habitants est important.

Conclusion

Le lagunage reste une technique efficace pour l’assimilation de l’azote, du phosphore et des germes pathogènes. Placée derrière une micro station d’épuration qui a déjà fait 80 % du travail d’épuration, on approche alors presque de la perfection. Mais il faut savoir que ce n’est pas obligatoire.