Toilettes sèches

En ne voyant dans les toilettes sèches qu’un moyen d’économiser l’eau des chasses d’eau et de supprimer la pollution des WC, les promoteurs du « tout à l’égout » ont encore de beaux jours devant eux et les fosses toutes eaux, ainsi que les micros stations d’épuration, sont alors les solutions miracles de l’épuration. Pourtant, les toilettes sèches sont un soutien écologique assuré à l’épuration individuelle.

Il faut revoir notre relation à nos déjections

Nous savons que sans les plantes, il n’y a pas de vie animale, et donc, pas de vie humaine. D’un autre côté, l’animal et l’humain sont indispensables pour les plantes : leurs déjections et leurs dépouilles, avec celles des plantes elles-mêmes, nourrissent l’ensemble des êtres vivants du sol, qui nous le savons, n’est pas un milieu minéral. Ainsi le cycle est bouclé.

La tradition judéo-chrétienne a occulté le chaînon manquant à notre retour à la terre, en attribuant les pires abominations à nos déjections. Dès son plus jeune âge, l’enfant apprend à se méfier de ses déjections, porteuses de maladies. Il entendra souvent dire que « c’est sale », et l’odeur développée par ces excréments viendra appuyer cette sentence d’adulte. Ce dérapage a des conséquences environnementales fondamentales sur le sol, l’eau, l’homme, l’animal et le végétal.

L’hygiénisme : une idéologie du développement insoutenable

La vision hygiéniste de notre rapport avec les micro-organismes du sol, les déjections humaines et animales, nous a fait perdre de vue que notre système immunitaire est génétiquement programmé pour vivre dans un équilibre avec ces êtres microscopiques.

Cette vision hygiéniste est l’un des obstacles majeurs à la gestion de l’eau dans le monde et, à fortiori, à la gestion des eaux usées. L’eau est devenue une marchandise monnayable que l’on salit, épure, traite, filtre comme n’importe quelle ressource minière.

Il est évident cependant, qu’en aucun cas il faut conclure à abandonner la propreté et l’hygiène, sources de santé et de bien des progrès sur le recul des maladies virales.

Ce sont les excès de l’hygiénisme dont il faut se méfier !

Toilettes sèches

Les toilettes sèches peuvent se ranger dans trois catégories :

La première génération

Les latrines de nos grands-parents, un simple trou dans le sol juste au-dessous d’une planche équipée d’une lunette de WC, malodorant et très polluant.

La deuxième génération

Les toilettes qu’on appelle « le type scandinave », une amélioration moderne du vulgaire pot de chambre. L’urine qui représente 90% des déjections est stockée dans un réservoir tandis que les fèces sont desséchées par une résistance ou un courant d’air chaud.

La troisième génération

Les toilettes sèches à compostage. Les plus simples sont un simple réservoir dans lequel les nuisances olfactives sont maîtrisées par l’adjonction d’une matière végétale riche en cellulose (sciure, copeaux de bois, tonte de gazon, carton déchiqueté).

Avec une vidange fréquente (quelques jours) sur un compost établit dans le jardin pendant un an, puis un deuxième compostage pendant une autre année, ces déjections deviendront un humus riche pour le jardin.

Conclusion

Si on maîtrisait le traitement de nos déjections, le traitement des eaux grises ne serait alors qu’une formalité toute simple avec une fosse toutes eaux ou une micro station d’épuration et le tout à l’égout n’aurait plus lieu d’être.